Jeudi, 23 mars 2017

Un habitat du néolithique ou de l’Age du Bronze


Un nouveau lotissement étant projeté au lieu-dit Champ du Pommier, au sud immédiat du bourg de Hillion, des investigations préliminaires ont été réalisées en juillet 2016 sur la totalité du site. Elles ont permis de déceler de nombreux fossés de diverses origines (de l’âge du bronze au XXe siècle), quelques objets (fragments de céramiques, de meule à main et de haches de pierre), mais surtout les traces d’un habitat assez important pouvant dater de l’Age du Bronze. La découverte de cet habitat a conduit à lancer une campagne de fouilles. Seul 1 ha est concerné par ces fouilles qui ont été réalisées par l’INRAP, sous la direction de Stéphane Blanchet, archéologue.

La campagne de fouilles commencée début février 2017 s’est achevée le vendredi 10 mars.

Des fossés qui sont datés de 2e millénaire avant notre ère, correspondent à une structuration du territoire réalisée probablement par ce qu’il est convenu d’appeler « les petits princes de l’Age du Bronze », personnages ayant acquis une certaine richesse grâce à des échanges commerciaux avec le monde méditerranéen, concernant notamment l’étain. Ces « petits princes » étaient enterrés dans des tumulus dont on ne trouve des exemples qu’en Bretagne.

vue générale des fouilles

 

Maison d’habitation

Les traces d’une grande maison d’habitation (environ 6 à 7 m de largeur, pour une longueur d’environ 15 m) ont été découvertes. La structure est constituée de poteaux de bois distants d’environ 1 m, et de deux poteaux centraux de plus grand diamètre, situés dans l’axe longitudinal, supportant la poutre faitière.

fondation maison

Les murs étaient constitués de torchis, à partir du limon du site : des éléments ont été trouvés. Le type de couverture n’est pas connu. Les habitations néolithiques ayant conservé la totalité de leur structure sont très rares : on en observe en Italie dans la région de Pompéi, recouvertes de cendres par une éruption volcanique. La toiture était recouverte de roseaux. En Angleterre, une découverte similaire a été faite. On peut donc penser que la maison du Champ du Pommier était recouverte de chaume. Quelques graines et pollens, des morceaux de bois permettront une datation au carbone 14 en laboratoire. Stéphane Blanchet s’oriente vers une origine remontant au néolithique, mais qui pourrait dater du Bronze ancien : seuls les résultats d’analyse permettront la datation. Peu de « mobilier » (objets) trouvés sur place : quelques éléments de silex. Pas de trace de foyer à l’intérieur.

Deux petits bâtiments ont été repérés, peut-être des greniers ou granges.

S. Blanchet étant accaparé par d’autres travaux de recherches ne pourra se consacrer à l’exploitation des données recueillies qu’au début 2018. Les résultats feront l’objet d’un Rapport dont nous aurons connaissance. Il est à notre disposition pour faire en 2018 une conférence sur les fouilles effectuées, en les replaçant dans le contexte du néolithique et de la protohistoire. Le peu d’objets trouvés ne permettra pas de réaliser une exposition


Alain Lafrogne, le 23 mars 2017