La rape du grugeoir

Broyeuse à pommes

XXème siècle

La première étape est le broyage, la pilaison ou le pilage des pommes. Il s’agit d’écraser les pommes pour pouvoir en extraire plus facilement le jus. Autrefois on les broyait à la main dans une auge en bois ou en pierre avec un simple  pilon de bois ! Vous imaginez bien que le travail était considérable et que dans ces conditions on ne pouvait broyer qu’une faible quantité de pommes.

Puis fut inventé le tour à piler appelé aussi gadage et gadège  ou plus simplement les gades dans le Maine. Il s’agit d’une auge circulaire dans laquelle les pommes sont écrasées par une ou parfois par deux meules (dans ce cas on place en général une plus petite devant et la plus grande derrière). Cette meule est appelée la reue en parler-gallo mayennais. Tour à piler et meule sont soit en bois soit en pierre (granit ou grès selon la région).

D’abord mue par les hommes (ce qui était un rude travail) la meule est par la suite entraînée par un cheval qui tourne la plupart du temps (mais pas obligatoirement) dans le sens des aiguilles d’une montre

À l’arrière de la meule une pièce de bois, appelée selon les régions rabot (Sud de la Manche), chas ou chat (Mayenne) ramène les pommes broyées qui ont tendance à se coller sur les parois du tour.

À la fin du XIXème  siècle, avec le moulin à piler, apparaît le broyage mécanique. Il  ne remplacera jamais totalement les tours à piler surtout dans le Nord du Maine, et pendant

longtemps les deux systèmes coexistent. Ce moulin à piler est appelé également pile-pomme, moulin à pommes, grugeoir ou grugeoère dans le Maine. Il se compose d’une trémie dans laquelle on verse les pommes, d’un ou deux cylindres à dents, à picots ou hérissés de clous pour les broyer et d’un goulet ou goulotte de descente de la pulpe. Les pommes pilées tombent dans une cuve ou baquet en bois de forme variable. Le tout est fixé sur un solide bâti en bois à quatre pieds.

Au départ ces moulins à piler sont entièrement en bois et actionnés manuellement comme ci-dessus à gauche, par un ou deux volants que tournent des hommes.

Parfois, grâce à un système d’engrenages, un cheval peut actionner le moulin

Puis petit à petit le métal se répand pour les volants et les cylindres. Et bientôt le grugeoir est motorisé.

Les pommes pilées (en parler-gallo mayennais on dit guermeu) sont appelées le marc. Au fur et à mesure on le sort du tour à piler ou de dessous le grugeoir avec une pelle à marc, appelée aussi en Mayenne bouvet ou gouvet selon les endroits. Autrefois cette pelle était en bois puis elle est devenue métallique. Le marc est d’abord entreposé dans une cuve, un baquet de bois également appelé paonne ou barquet. Là il va commencer à marneu c'est-à-dire qu’il va macérer et s’oxyder légèrement. Il prend alors une couleur orangée/rousse.

Photographies

moulin à pilertour à piler en pierretour à piler, gadage en bois à deux rouescuvegrugeoir motorisé

Sources d'informations